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Boussole du Scout
Dimanche 10 septembre 2006

Des éclaireurs tout temps, tout terrain : l’art de survivre

(NDLR : Même sans mettre sa vie en danger, toutes ces astuces sont bien utiles sur le terrain scout ! )

 La trousse de survie

 
 

 Chacun connaît les objets indispensables aux éclaireurs sur le terrain : le couteau, la ficelle, le briquet ou les allumettes protégées de l’humidité, la lampe et le papier avec crayon, la boussole et une montre (si possible à aiguilles). C’est le minimum qui tient dans une poche ou au bras ! Mais dans des situations plus délicates, les raids de classe par exemple, quelques objets supplémentaires permettront de vivre dans la nature et de s’adapter à ses caprices.

 

Ces objets composent ce que l’on appelle pompeusement la trousse de survie qui est en fait le nécessaire logique que des éclaireurs normalement prévoyants emportent et qui, le plus souvent est le fruit de leur expérience. Voyons ces objets dont la liste n’est pas exhaustive, ayant toujours à l’esprit que le poids est l’ennemi absolu du marcheur :

 

* Une pince multifonction (on en trouve maintenant à prix tout à fait abordables).

* Allumettes étanches ou briquet

* Bougie ou lanières de chambre à air pour faire le feu

* Fil à coudre préalablement enfilé sur une aiguille et épingle à nourrice

* Boussole élémentaire de secours ou mini compas (10 € environ) que l’on peut clipper sur son bracelet-montre (non métallique)

* Fil à scier, pour éventuellement scier des petits troncs ou des branches

* Couverture de survie

* Quelques sacs plastique pour transporter de l’eau, ainsi que quelques barquettes aluminium pliées pour servir de gamelles. Ajouter un bon mètre de papier alu.

* Un paquet de kleenex (peut aussi servir de papier toilette) et un grand sac poubelle(peut servir de poncho de secours).

* Un petit miroir (un morceau de CD-Rom fait parfaitement l’affaire) afin de pouvoir envoyer des signaux. Un sifflet pour signaler sa présence.

* Petit carnet et crayon.

* Pastilles pour purifier l’eau.

* Dans un petit Ziploc, quelques grains de gros sel et du seul fin pour les cas de déshydratation et, dans un autre, quelques morceaux de sucre pour les coups de barre ou les symptômes d’hypothermie

* Et bien sûr, un couteau bien aiguisé (l’Opinel muni d’une virole n’est pas cher et coupe très bien), avec quelques mètres de ficelle. 

 

Quelques « trucs » maintenant !

 

 

* Comment rendre des allumettes étanches ? On place les allumettes dans une petite boite étanche (les boites rondes de pellicules photos font bien l’affaire, mais il faut raccourcir les allumettes). Ne pas oublier d’y placer plusieurs grattoirs. Le « plus » consiste à passer du vernis à ongle sur le bout phosphoré des allumettes. La boite et le vernis rendront les allumettes parfaitement étanches. Si l’on préfère le briquet, ne pas prendre un Zippo car l’essence s’évapore vite et vous risqueriez de manquer de feu. Préférez un briquet jetable entouré de plastique pour le rendre insensible à l’eau ou l’humidité.

 

* Un allume-feu économique ! Découper des lanières d’une dizaine de centimètres de long sur un centimètre de large dans une chambre à air . Le caoutchouc n’est pas lourd et brûle très bien. Inutile d’emporter du papier qui pèse et s’humidifie, car les lanières allument parfaitement des brindilles sèches ou bien des copeaux de bois découpées au couteau. Bien retenir que plus on taille vers le cœur d’une branche morte, plus le bois est sec.

 

* Un vêtement bien utile : Sur le terrain, on manque toujours de poches. La veste multipoches permet de pallier cet handicap. Chacune d’elles peut contenir l’un des éléments de la trousse de survie, ainsi que la lampe (si possible frontale, car on n’a que deux mains). Choisir de préférence une veste avec poche arrière, dans laquelle on peut y caser un poncho et, éventuellement, une bâche agricole roulée serrée. La veste multipoches peut être remplacée par un large ceinturon muni de petites sacoches et sur lequel sera attachée la gourde. Le poncho et la bâche bien roulés sont maintenus par des courroies style « patin à roulettes » ou des élastiques. Essayez ce « truc » et vous en comprendrez vite l’intérêt : inutile de vider ses poches lorsque l’on se couche, et de rechercher les objets au petit réveil !

 

* Le foulard : Pour les scouts, le foulard de groupe constitue maintenant un ornement. A l’origine, c’était un accessoire utile, comme l’explique Baden Powell : lien de fortune, protection du visage contre la pluie le grésil ou la grêle, protection quand il est humidifié contre les gaz malodorants, écharpe pour membre blessé, filtre à eau, protection des cheveux contre les flammèches ou éclats de braise, et ce n’est pas limitatif… Pour les amateurs d’exotisme, il y a le bandana ou le keffieh !      

 

* Choisir de préférence une gourde en métal : la gourde militaire avec quart « haricot » emboîtable constitue l’un des meilleurs compromis. Ce quart « haricot » peut en effet servir de petite gamelle, voire de récipient pour l’eau avec laquelle les « barbus » se rasent ! De plus, la gourde de style militaire comporte une housse molletonnée dans laquelle on peut y glisser les couverts et qui, une fois humidifiée, conserve l’eau au frais. C’est le principe de la gargoulette nord-africaine.

 

* La bâche : Une simple bâche agricole de 2 x 3 mètres permet de construire rapidement et facilement un abris de fortune. Munir les œillets d’élastiques ou de petits sandows pour la tendre dans de bonnes conditions. 

 

* Un complément indispensable : la trousse individuelle à pharmacie. Dans un Ziploc, placer quelques compresses stériles, deux ou trois doses individuelles d’éosine (ou équivalent) et de collyre (poussières dans l’œil, éclats de braise), une pince à épiler, une petite bande Velpeau , deux ou trois épingles à nourrice.

 

* Et si l’on craint les coups de barre ! Dans un Ziploc, mettez quelques morceaux de sucre, du thé en sachet, des fruits secs (dattes, figues, bananes ou abricots séchés…), du chocolat, 100 grammes de coquillettes ou autres pâtes (sucre lent) et quelques bouillons Cubes. Il faut périodiquement vérifier les dates de péremption.

 

Voilà comment tenir le coup trente six heures, voire un peu plus. Mais, allez-vous me dire, et le duvet ? Eh bien, vous avez une couverture de survie ! J’entends déjà les rires et autres quolibets, mais je l’ai personnellement essayée trois nuits d’affilée. C’était à mille mètres d’altitude, dans la vallée de Chamonix, au mois de juin alors que les nuits sont encore fraîches. C’est très efficace, mais il est vrai que la couverture fait un bruit d’enfer à chaque fois que l’on se retourne.  

 

Maintenant, il ne me reste plus qu’à  retourner à mon clavier pour vous écrire la suite de cet article sur l’art d’être un véritable éclaireur « tout temps, tout terrain »        

 

Aurochs,
Ex CT du Plessis Bouchard

Par Aurochs - Publié dans : Fiches techniques
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